Panneaux solaires

Revendre son surplus solaire ne rapporte presque plus rien

Deux décisions prises en juin 2026 ont modifié l'équation économique du photovoltaïque résidentiel. Elles ne condamnent pas le solaire, mais elles déplacent complètement le raisonnement.

Panneaux photovoltaïques posés en toiture sur une maison individuelle

Ce qui a changé

L'arrêté du 1er juin 2026 a ramené le tarif d'achat du surplus à 1,1 centime d'euro par kilowattheure. Avant 2025, ce même surplus était racheté 12,69 centimes. La division est brutale.

Dans la foulée, la prime à l'investissement, dite prime à l'autoconsommation, a été supprimée pour toutes les demandes déposées à partir du 4 juin 2026. Les contrats signés sous l'ancien régime restent honorés jusqu'à leur terme.

Comparaison du tarif de rachat du surplus photovoltaïque avant 2025 et après l'arrêté du 1er juin 2026
Le surplus injecté sur le réseau ne constitue plus un levier économique.

Ce que cela implique concrètement

Prenons une installation de 3 kWc produisant environ 3 300 kWh par an. Avec un taux d'autoconsommation de 40 %, près de 2 000 kWh partent sur le réseau. Rachetés à 12,69 centimes, ils représentaient environ 250 euros par an. À 1,1 centime, ils rapportent une vingtaine d'euros.

Autrement dit, l'électricité que vous ne consommez pas vous-même ne vaut pratiquement plus rien. Toute la valeur s'est déplacée vers le kilowattheure autoconsommé, celui que vous n'achetez pas à votre fournisseur.

Le solaire reste intéressant, pour d'autres raisons

Le coût des installations a fortement baissé : une installation de 3 kWc s'établit aujourd'hui autour de 6 500 euros, contre près de 20 000 euros en 2010. Et le kilowattheure autoconsommé s'apprécie au tarif que vous payez réellement, bien supérieur au tarif de rachat.

La conséquence est claire : un projet ne se dimensionne plus pour produire le maximum, mais pour coller au plus près de la consommation réelle du foyer.

Trois leviers pour augmenter la part autoconsommée

Décaler les usages

Lave-linge, lave-vaisselle et chauffe-eau programmés en milieu de journée changent radicalement le taux d'autoconsommation, sans aucun investissement supplémentaire.

Piloter les gros consommateurs

Un routeur solaire dirige le surplus vers le ballon d'eau chaude plutôt que vers le réseau. Une borne de recharge programmée sur les heures de production absorbe elle aussi une part importante.

Dimensionner juste

Une installation trop grande produit un surplus qui ne rapporte plus rien. Mieux vaut une puissance modeste consommée à 80 % qu'une grande installation consommée à 35 %. Nous détaillons la méthode dans notre article sur le dimensionnement en autoconsommation.

Technicien vérifiant le raccordement de l'onduleur d'une installation photovoltaïque
Le raccordement et le suivi de production conditionnent le rendement réel.

Notre position

Nous préférons annoncer une production réaliste et un dimensionnement sobre plutôt qu'un scénario flatteur bâti sur des tarifs qui n'existent plus. L'étude préalable mesure votre profil de consommation avant de proposer une puissance. Voir panneaux solaires et autoconsommation.

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