Diagnostic électrique avant vente : ce qu'il révèle vraiment
Le diagnostic électrique accompagne toute vente de logement de plus de quinze ans. Il inquiète souvent les vendeurs à tort, et rassure parfois les acheteurs à tort également.
Quand il devient obligatoire
Depuis la loi ÉLAN, le diagnostic de l'installation électrique est exigé pour tout logement dont l'installation a plus de quinze ans, à la vente comme à la mise en location. Sa durée de validité diffère selon le cas : trois ans pour une vente, six ans pour une location.
Il porte sur l'installation privative, du disjoncteur de branchement aux points d'utilisation. Le compteur et le branchement en amont relèvent du gestionnaire de réseau et n'entrent pas dans son périmètre.
Un constat, pas une obligation de travaux
C'est le malentendu le plus fréquent. Le diagnostic relève des anomalies, il ne contraint pas le vendeur à les corriger. Un bien peut se vendre avec un rapport chargé, dès lors que l'acheteur en a connaissance. Le prix s'en ressent souvent, ce qui reste la vraie sanction.
La situation change en location. Le bailleur doit délivrer un logement décent, ce qui implique de fait la correction des anomalies touchant à la sécurité des occupants. Une absence de mise à la terre ou un différentiel manquant ne peuvent pas rester en l'état.
Les anomalies qui reviennent le plus souvent
L'absence de protection différentielle 30 mA
C'est le point le plus courant sur les installations d'avant 1991. Sans différentiel adapté, un défaut d'isolement ne coupe pas le courant : la protection contre l'électrisation n'est pas assurée.
Une prise de terre absente ou inefficace
Fréquent dans l'ancien. La terre existe parfois, mais sa valeur mesurée est trop élevée pour être utile, ou bien elle ne dessert qu'une partie des circuits.
Des matériels vétustes
Anciennes prises sans obturateur, interrupteurs fendus, conducteurs en tissu, montages provisoires devenus définitifs. Individuellement bénins, ces points traduisent surtout l'âge général de l'installation, et souvent la nécessité de reprendre le tableau.
Ce que le diagnostic ne dit pas
Il ne juge pas le dimensionnement de l'installation au regard de vos usages. Un logement peut être parfaitement conforme et rester inconfortable : deux prises par pièce, aucun circuit dédié pour l'électroménager, aucune réserve au tableau pour ajouter une borne de recharge ou une pompe à chaleur.
Il ne dit rien non plus de l'état des conducteurs dans les murs, qu'aucun contrôle visuel ne permet d'apprécier.
Ce que nous faisons de ce rapport
Un rapport chargé n'appelle pas forcément une rénovation complète. Nous le lisons avec vous pour distinguer ce qui relève de la sécurité, à traiter en priorité, de ce qui relève du confort, à programmer selon vos projets. Voir notre page électricité intérieure.